BLOG AUTOUR DE L'ART-THÉRAPIE

Il est très frustrant pour un thérapeute de recevoir quelqu’un, en grande souffrance, qui ose venir chercher de l’aide et finalement renonce. J’ai récemment vécu cette situation à deux reprises.

Quel courage il a fallu pour venir jusque-là ! Quel courage pour oser dire son mal-être, ses peurs, ses addictions , ses souffrances les plus profondes !

Et après une ou deux séances, renoncer, pourquoi ?

Une des deux personnes avaient exprimé une crainte dès l’anamnèse, qui était de trop changer, risquer de perdre ou d’abîmer le lien avec ses proches. Indéniablement, le risque existe.

Que choisir dans ces cas là ? Prendre soin de soi, prendre le risque que l’autre n’accepte pas les changements provoqués où accepter de continuer de souffrir, de se nier ?

Où se trouve l’amour ? L’amour de soi, l’amour de l’autre…

Peut-on parler d’amour quand on craint le rejet de l’autre, à cause des changements provoqués par la volonté de ne plus souffrir ?

L’art thérapie nous confronte directement à notre inconscient et sa somatisation.

Chacun choisit sa façon de l’affronter ou de le fuir.

Scott Peck, thérapeute américain a donné dans son livre Le chemin le moins fréquenté, ce qui est encore aujourd’hui, pour moi, la plus simple et la meilleure définition de l’amour : « l’amour, c’est la volonté de se dépasser pour favoriser sa propre évolution spirituelle ou celle de l’autre. »

Je n’exclus pas, bien évidemment, la possibilité que l’art-thérapie n’ait pas convenu à ces personnes ou que ces personnes ne se soient pas senties en confiance avec moi. Il existe de multiples thérapies, et chaque thérapeute exerce comme il est. On ne peut pas plaire à tout le monde.